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Le jeudi 2 mai au matin, les élèves de Saint Paul ont pu rencontrer le Père Pedro, missionnaire à Madagascar, et l'entendre témoigner de son engagement au service des plus pauvres et des jeunes.
Ce "temps fort" leur a été proposé par l'équipe d'animation pastorale du Lycée.

Vous pourrez lire ci-dessous les articles parus dans la Voix du Nord à cette occasion :

et voir les photos prises par Benjamin (élève de terminale)

Père Pedro Père Pedro

Décidément, son truc, ce sont les jeunes ! Le Père Pedro en a arraché 7000 aux décharges de Tananarive à Madagascar ; il leur a bâti 17 villages dans la campagne de la capitale de ce qui est devenu l'un des pays les plus pauvres du monde... et il l'a raconté hier à Lille où il a débuté son périple dans le Nord. D'abord aux lycéens de Saint-Paul, rue Colbert. En tout 800 élèves, qui l'ont accueilli, lui et le Père André Marie d'Amiens, sur l'air des champions du Mondial. Leur avait-on soufflé que Pedro n'est pas né pour rien en Argentine, et nourrit une véritable passion pour le football ? On dit que s'il n'avait pas été fasciné par les pauvres, il aurait pu être un bon professionnel. Il se sert d'ailleurs encore volontiers de ses talents pour faire passer ses messages. Il faut l'entendre raconter le but qu'il a un jour marqué dans un stade (construit par lui-même) empli par six mille enfants du "village de la décharge" : "C'était, je dois l'avouer, une sacrée reprise de volée ! Ils étaient tous debout. J'ai remercié Jésus comme jamais de ce but... " C'est ainsi, et avec son charisme, et avec son sourire, et avec son franc parler, qu'il les a sortis de leur enfer: "Là-bas, sur les ordures, on se bat, on se déchire, on se tue. En tout cas, on ne se respecte plus comme il est absolument nécessaire si l'on veut vivre ensemble." Il leur a mis ce marché en main. "On n'admet les gens au village que s'ils sont disposés à accepter trois conventions : travailler, scolariser ses enfants, respecter la discipline interne. " Aujourd'hui, à Madagascar, les villages d'Akamasoa, l'association fondée par Pedro, ce sont de petits paradis.. Mais sa grande fierté, c'est qu'en août sortira la première promotion de leur histoire commencée en 1979 : 12 jeunes "de la décharge" se présenteront au baccalauréat. Pedro est allé ensuite hier soir à la Cité des échanges de Marcq puis à l'église Saint-Sauveur à Lille où son discours soudain s'est enflammé, "pour la paix", certes, mais aussi contre Radsiraka, le président malgache qui veut rester en place alors que le peuple s'est soulevé tout entier : "S'il y a aujourd'hui six millions d'analphabètes à Madagascar, et 75 % de pauvres, c'est bien que quelqu'un est responsable... " "Quand on a vu cela, on ne peut plus se taire. Il faut agir vite : j'ai encore 700 logements à construire !" Le Nord l'a entendu puisque les dons, dès hier soir, représentaient déjà plus de 4 000 € (26 238 F), l'équivalent, là-bas, d'une maison...

Bernard DESMETTRE
LA VOIX DU NORD - Vendredi 3 mai 2002

Père Pedro

"Les pieds dans la décharge, la tête dans le ciel". C'est l'une des expressions favorites du père Pedro. Le père Pedro, c'est ce Lazariste qui, depuis 1989, tente d'arracher les pauvres de Madagascar aux dépôts d'ordures qui cernent la capitale, Tananarive, et qui sont, malheureusement, leur unique source de subsistance. Plus exactement, le père Pedro tente de les convaincre de s'en sortir par eux-mêmes en reprenant leur destin en main. D'origine slovène, né en Argentine, formé par la congrégation de Saint-Vincent-de-Paul à Paris, il est lui-même l'un des personnages d'une saga familiale assez extraordinaire (lire notre article de samedi en pages région), dont il a tiré ce qu'il appelle une "théologie du travail" : "Je ne me bats que pour une seule chose, promouvoir la justice sociale. On ne peut pas parler de Dieu dans le vent, au-dessus des nuages, à des hommes concrets."

Fils de maçon, il a réussi ainsi à pousser les Malgaches à se rebâtir des maisons, des villages entiers, en assumant toute la filière, de la carrière de pierre à la création d'écoles, de dispensaires, de stades de sport, etc. Il a voulu aussi qu'on distribue des salaires, à chaque étape du processus "comme dans toute société équilibrée". Comme pour les terrains qu'il a fallu acquérir, cela a un coût bien évidemment, que les donations des communautés religieuses, et les faibles débouchés de l'artisanat qu'il a relancé, ne suffisent pas à couvrir. L'Etat, lui, n'a jamais bougé. Et moins encore aujourd'hui en cette période de troubles. Aussi le père Pedro s'est-il lancé dans une tournée pour en appeler à la solidarité internationale, sociale et économique, envers un pays qui compte parmi les plus pauvres du monde. Elle l'amène dans le nord de la France ces jours-ci.

B. D.
Jeudi 2 mai au matin à Lille au Lycée Saint-Paul; à 18 h à la Cité des échanges de Marcq-en-Baroeul puis à 20 h 30 en l'église Saint-Sauveur à Lille. Lundi 6 mai à 20 h en l'église de Moncheaux.
LA VOIX DU NORD - Mardi 30 avril 2002


Les photos de la rencontre

Père Pedro Père Pedro
Père Pedro Père Pedro
Père Pedro Père Pedro
Père Pedro Père Pedro
Père Pedro Père Pedro
Père Pedro Père Pedro
Père Pedro Père Pedro